L’euro est une monnaie trop forte face au dollar. Nos entreprises ont du mal à exporter. L’Eurozone se porte plus mal que le reste du monde. Telles sont les affirmations que nous serinent à longueur de temps politiques et médias. Qu’en est il ?

le Taurillon révolté contre les mensonges des politiques répond :

http://www.taurillon.org/Comment-ca-l-Eurozone-va-mal

 

 

 

 

Le 22 décembre, Eurobaromètre a publié les résultats de son sondage d’opinion de l’automne sur la situation économique. Selon les résultats de l’enquête, l’Union européenne reste l’acteur le plus crédible pour faire face à la crise, devant les gouvernements nationaux. Le G20 et le Fonds monétaire international suivent. Par ailleurs, les ménages sont relativement satisfaits de leur situation financière, malgré des disparités : ils sont seulement 24% de satisfaits en Grèce, mais plus de 85% dans les pays du nord de l’Europe (Suède, Danemark, Finlande et Pays-Bas). Enfin, la grande majorité des personnes interrogées estiment que la crise ne sera pas résolue rapidement, et que ses conséquences sur l’emploi vont encore s’aggraver

 

http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb76/eb76_anx_en.pdf

L’année 2011 devait être celle de « la confiance retrouvée dans l’euro », selon les mots prononcés par Angela Merkel le 4 février 2011. Raté. Depuis douze mois, la zone euro connaît les heures les plus difficiles de son histoire. Ce que tout le monde redoutait s’est produit : la contagion.

Après l’Irlande en 2010, le Portugal a dû être secouru. La Grèce s’est révélée incapable de tenir ses engagements de réduction de déficit et devra être aidée une deuxième fois par l’UE et le FMI. L’Italie a déstabilisé les marchés au point de provoquer la démission de Silvio Berlusconi.

Depuis le 23 juin, les sommets de la dernière chance s’enchaînent à en donner le tournis : réunion de l’eurozone le 21 juillet, rencontre franco-allemande le 16 août, Conseils européens les 23 et 26 octobre, puis les 8 et 9 décembre…

Inlassablement, les décisions dites « historiques » ou « courageuses » sont balayées en quelques jours à cause de dissensions entre chefs d’Etats au lendemain des sommets, ou du jugement acerbe des agences de notation.

A quelque chose malheur est bon, au cours de cette même année notre vocabulaire s’est enrichi de 12 mots ou concepts nouveaux :

17 + : L’Allemagne tenait beaucoup à ce que l’ensemble des 27 Etats de l’UE s’accordent sur une modification des traités. Faute de terrain d’entente avec le Royaume-Uni, un compromis a été scellé entre les 17 pays de la zone euro. Ils invitent néanmoins les autres volontaires à signer l’accord intergouvernemental, dont le sommet des 8 et 9 décembre a posé les jalons. D’où le nom de 17+ donné à cette Union resserrée, mais pas fermée. Parmi les mesures envisagées, l’accord prévoit par exemple l’introduction d’une règle d’or au niveau constitutionnel et la limitation du déficit structurel à 0,5% du PIB par an.

Eurobonds : Traduire en français « euro-obligations ». L’objectif de cette émission serait de mutualiser une partie de la dette souveraine des pays de la zone euro, les Etats se portant garants entre eux sur tout ou partie de leurs créances.

Selon les partisans de cette idée, officieusement la France, ces obligations pourraient rassurer les marchés inquiets de l’absence de solidarité au sein de l’union économique et monétaire. Pour les opposants, l’Allemagne en tête, cette garantie mutuelle ne ferait qu’augmenter les taux d’intérêts des pays les plus riches et mettre en commun les risques.

La Commission européenne a fait une timide première proposition sur le sujet le 23 novembre dernier.

FESF/MES : Présenté, lors du sommet du 21 juillet, comme un mécanisme imparable censé enrayer la contagion en décourageant toute attaque spéculative sur les marchés obligataires des pays de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’est finalement avéré être un instrument de sauvetage largement imparfait.

Sa force de frappe a été portée à 1000 milliards d’euros à la suite d’une décision du Conseil européen le 26 octobre, par le biais de deux mécanismes qui restent assez flous. Un appel à contribution a été lancé pour le renflouer, mais aucun créancier étranger –privé ou public– ne s’est pour l’instant manifesté.

Autre signe de faiblesse, le FESF n’a pas les capacités techniques de s’assumer seul. La Banque centrale européenne s’est engagée, début décembre, à racheter, pour le compte du fonds, la dette de pays en difficulté. Le FESF devait être remplacé par le MES (« Mécanisme Européen de Stabilité ») fin 2013. Ce dernier entrera finalement en vigueur dès 2012.

Merkozy : Le sobriquet est né au cœur du quartier européen à Bruxelles. Il désigne le traditionnel couple franco-allemand et son leadership dans la gestion de la crise. Tout nouvel accord européen passe d’abord par un compromis entre Paris et Berlin. Or, la convergence est souvent difficile, tellement les divergences de point de vue sont grandes.

Au fil des mois, le duo s’est de plus en plus imposé, quitte à apparaître comme un directoire qui impose ses vues aux autres membres de l’UE et à ses institutions. Ces dernières sont totalement marginalisées.

PSI : Ces trois lettres qui ont fait trembler l’Europe renvoient à « private sector involvement », soit une participation du secteur privé au sauvetage de la Grèce. Le 27 octobre, les dirigeants européens ont réussi à obtenir des créanciers privés qu’ils encaissent 50% de pertes sur leurs titres de dette grecque (contre 21% annoncés le 21 juillet). Sur la base du volontariat, les banques sont ainsi mises à contribution pour restructurer la dette publique d’Athènes. Objectif : la ramener de 160% à 120% du PIB d’ici 2020.

Accusé d’avoir précipité la contagion, le « PSI » ne s’appliquera à aucun autre pays, ont rappelé les Etats lors du sommet européen du 9 décembre. Alors que l’échange de titres doit commencer début 2012, les négociations butent toujours sur les termes de la procédure.

Six-pack : Ce n’est pas le carton de boissons qui fait la réputation des Belges ou des Allemands, mais un ensemble de 6 textes (5 règlements, 1 directive) sur lesquels repose la nouvelle architecture économique européenne. Adopté cet automne, le six-pack durcit les sanctions infligées aux Etats trop dépensiers. Avant même que leur déficit ne dépasse 3% du PIB, un dépôt de 0,2% peut leur être imposé. Au-delà du seuil de 3%, le dépôt peut se transformer en amende.

Le système de vote est modifié : une minorité d’Etats favorables aux sanctions suffit à l’application de ces dernières. Grâce à la remontée d’informations statistiques, la Commission tentera de prévenir les déséquilibres macro-économiques entre les Etats (balance commerciale, coût du travail, taux de chômage, dette des secteurs privés et publics, marché de l’immobilier…)

Spread : En bon français, le terme signifie « écart de crédit ». Mais la presse française a fait sienne cette terminologie économique, tant les gouvernements européens ont le nez rivé sur l’écart séparant leur taux d’emprunt à celui du bund allemand, qui fait office de référence. En novembre, le spread de la France a atteint un niveau record depuis la création de la monnaie unique, enregistrant une différence de 190 points de base avec l’Allemagne (taux de 1,77% sur 10 ans contre 3,68% pour la France). Avec l’Italie, le fossé est encore plus béant, situé depuis un mois aux alentours de 500 points.

Technocratie : Avec l’arrivée au pouvoir de deux experts en Italie (Mario Monti) et en Grèce (Lucas Papademos), l’image de l’UE s’est encore ternie. Si leurs compétences ont été saluées par Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et les dirigeants des institutions européennes, l’absence de représentation des citoyens dans la désignation de ces nouveaux dirigeants renforce l’idée que l’Europe est anti-démocratique.

Ce procès en technocratie de l’UE a repris de plus belle avec l’accord signé entre les gouvernements de la zone euro le 9 décembre. Absent des décisions portées par la France et l’Allemagne, le Parlement européen est seulement représenté dans les discussions par quatre élus.

TTF : Cette vieille idée de taxe sur les transactions financières (TTF), portée à l’origine par des ONG comme Attac, a repris du poil de la bête en 2011. Dans son projet présenté fin septembre, la Commission propose de prélever 0,1% sur les actions et les obligations et 0,01% sur les autres produits financiers. Elle pourrait rapporter 55 milliards d’euros par an.

Censée à l’origine financer l’aide au développement, la TTF pourrait aujourd’hui aider les pays européens à renflouer leurs caisses. Le Royaume-Uni, dont la City de Londres concentre la grande majorité des transactions en Europe, est vent debout contre ce projet. Et les Etats-Unis refusent encore d’envisager l’idée sérieusement.

La France et l’Allemagne feront des propositions le 23 janvier. La taxe pourrait être adoptée seulement par la zone euro ou un nombre restreint de pays.

Triple A : Nouveau Saint Graal pour les Etats, la France fait encore partie du club très sélect des pays notés triple A par les agences de notation et censé permettre d’emprunter à moindre coût sur les marchés.

Combien de temps va-t-elle le rester ? Telle est la question. Pour certains, le triple A est déjà perdu en raison des taux proposés par les investisseurs, supérieurs à 3%. Et Paris, comme le reste de la zone euro, est aujourd’hui sous surveillance.

Le gouvernement a longtemps fait du maintien du triple A un argument politique contre une gauche jugée dépensière. Sa conservation a aussi justifié deux plans d’austérité. Mais, depuis début décembre, les dirigeants français préparent petit à petit l’opinion à sa perte. Une dégradation ne serait pas sans conséquence pour le reste de l’Europe puisque la France garantit le Fonds européen de stabilité financière censé renflouer certains Etats.

Troïka : A l’ origine, ce mot russe désigne un ensemble de trois choses. Aujourd’hui, le trio le plus connu est celui qui fait la pluie et le beau temps sur la vie politique et économique grecque. Il est composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

Ce sont eux qui vérifient les progrès réalisés par la Grèce avant de donner leur feu vert ou non au versement des nouvelles tranches d’aides négociées lors du plan de sauvetage.

La troïka intervient aussi directement dans la négociation autour de la restructuration de la dette du pays qui s’avère plus délicate que prévue.

SMP : La montée en flèche des taux d’intérêt de long terme au-delà du seuil critique de 7% avait contraint la Grèce, l’Irlande et le Portugal à se retirer des marchés et à faire appel à l’aide internationale. Pour éviter que l’Italie et l’Espagne – deux économies bien plus importantes au sein de la zone euro – ne connaissent un destin similaire, la BCE a lancé un programme de rachat de titres de dette (en anglais, « Securities Market Programme ») qui atteint 210 milliards d’euros en cette fin d’année.

Refusant d’assumer un rôle de prêteur en dernier ressort, en s’engageant à intervenir de façon illimitée et dans la durée pour soutenir les Etats, la BCE vient en revanche au secours des banques européennes.

C’est donc plus cultivés que nous débutons cette année 2012 que je vous souhaite excellente pour vous ainsi que pour vos proches.

 

 

 

 

Les travaux seront ouverts par le sénateur-maire VINCENT DELAHAYE, président d’Europ’Essonne à 14h. Trois tables-rondes se succèderont : enjeux environnementaux, enjeux économiques et sociaux, prospectives essonniennes. Le débat sera organisé autour d’intervention d’élus et responsables associatifs, en particulier CLAIRE-LISE CAMPION, sénatrice et conseillère générale et et DIDIER GONZALES, député-maire, et Claude Jeanlin, ancien maire d’Evry et ancien Vice-Président du Conseil Général, qui préside SOS Bruit. Des experts interviendront également, notamment Jean-Pierre Moulin, ingénieur urbaniste et président du Forum sud-francilien contre les nuisances et Claude Carsac, ingénieur ESPCI, qui préside Soisy Etiolles Environnement.

La journée sera conclue par Eric Raimond, Docteur d’Université, Chargé de cours en histoire des institutions et vice-président du MoDem 91 et sachèvera par un VIN D’HONNEUR à 18H30.

Ville Étampes

 

Ateliers sur le tri, le recyclage et la prévention des déchets… Les agents du SIREDOM qui participent aux côtés de la Ville d’Etampes à la Semaine européenne de la réduction des déchets, vous invitent à participer aux animations qu’ils proposent les :

    • mercredi 23 novembre de 10 h à 18 h
    • vendredi 25 novembre de 10 h à 18 h
    • samedi 26 novembre de 10 h à 18 h

> Rendez-vous à l’hypermarché Carrefour.

  • Hypermarché Carrefour
  • Centre Ville
  • Manifestations/Evènements
  • Tout public
  • du 23/11/2011 au 26/11/2011

…si le surcroit de recette liée aux amendes des radars était affecté aux désendettement de l’Etat? 

Cet amendement tire les conséquences, en dépenses, de l’amendement adopté par la commission à l’article 18 du projet de loi de finances sur l’affectation des amendes forfaitaires des radars.

Ces amendes sont plus dynamiques que prévu et leur produit a été réévalué à 520,7 millions d’euros pour 2011 et 2012, contre 457 millions d’euros dans la programmation triennale. L’article 18 prévoit que la moitié de cet excédent de recettes, dans la limite de 20 millions d’euros, soit affectée au financement du déploiement des nouveaux radars, dont les radars dits « pédagogiques ».

L’ardente obligation de redressement des comptes à laquelle notre pays est aujourd’hui soumis implique de réviser nos priorités. Il est donc proposé d’affecter ce surcroît de 20 millions d’euros de recettes au désendettement de l’Etat, porté par le programme 755 du compte d’affectation spéciale.

Le financement du déploiement de nouveaux radars demeurera possible, peut-être à un rythme un peu moins soutenu, par une meilleure utilisation des reports de crédits qui affectent chroniquement la première section du compte. Pour mémoire, le coût des nouveaux radars installés en 2012, en incluant les dépenses de déploiement, de maintenance et de pilotage, s’élève à 25,58 millions d’euros, soit un montant supérieur à la réduction ici proposée.

Dans son rapport sur « La mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF): Un bilan pour de nouvelles perspectives », la Cour des comptes souligne que «pour les collectivités locales, la transposition de la LOLF n’a pas encore été engagée au motif d’une interprétation extensive du principe constitutionnel de libre administration, mais elle n’apparaît pas moins souhaitable».
Dans ce document, la Cour rappelle que la loi constitutionnelle de 2008 exige que «les comptes des administrations publiques soient réguliers, sincères et donnent une image fidèle de leur gestion, de leur patrimoine et de leur situation financière». Aussi plaide-t-elle pour «une consolidation des données financières des différents acteurs publics, les appréciations sur la situation de telle ou telle entité ne pouvant qu’être aujourd’hui partielles».
Elle ajoute que s’il «était concevable en 2006 d’en rester à une mise en œuvre pragmatique et progressive de la réforme introduite par la LOLF, autant, dix ans après, une revue des missions et des programmes, des organisations administratives et des instruments qui les composent, confrontant les objectifs et les résultats des politiques publiques de manière périodique est incontournable. Elle devrait intégrer l’ensemble des composantes de l’administration publique».

Compte tenu de la montée en puissance des politiques partagées, pour la Cour, il paraît «souhaitable d’avancer vers un pilotage des politiques publiques par objectifs, conduisant à une restitution des résultats, tel que le prévoit la LOLF, sur un périmètre élargi tenant compte des collectivités territoriales».
Le rapport rappelle que des expérimentations limitées ont été engagées par certaines collectivités locales (communes, départements, régions), comme par exemple «la ville de Paris, le conseil général de la Mayenne ou la région Bretagne», et que ce «mode d’action a été préféré au chantier d’une « LOLF locale », en raison de la grande diversité des modes d’organisation de ces collectivités territoriales et de leurs différences de taille». Il s’agissait aussi «d’éviter un « moule commun » pour ne pas décourager les contributeurs des expérimentations». Ces expérimentations conduites à compter de 2006 ont reposé sur trois principes: «Lien organique entre la performance et les crédits, rénovation comptable, réappropriation du budget par l’assemblée délibérante.»

http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/RPT/Rapport_public_thematique_mise_en_oeuvre_LOLF.pdf

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la France paysanne a connu de profonds bouleversements en lien direct avec l’évolution de l’agriculture.

En effet, au sortir de la guerre, l’Etat prône l’autosuffisance.  Il est néanmoins conscient du très grand retard technique du monde agricole. Il va donc favoriser la modernisation et la mécanisation de ce secteur, notamment avec l’aide des USA par le plan Marshall ou par le traité de Rome en 1957 qui pose les fondements de la Politique Agricole Commune,. Il s’agit d’augmenter massivement la productivité. Le paysage change pour permettre l’application des nouvelles méthodes de travail et les petits lopins font place aux grandes exploitations : C’est le remembrement.

Finalement, les ambitions productivistes vont dépasser les objectifs d’autosuffisance : la surproduction va à l’exportation dans le cadre de la PAC et l’agriculture tient une forte place dans la balance commerciale du pays. Néanmoins, les crises sanitaires à répétition, les graves atteintes à l’environnement  mettent à mal les objectifs productivistes de la PAC aux yeux des consommateurs qui commencent à en percevoir les limites.

Paradoxalement, cette avancée technique ne profite guère au monde paysan. En effet, la mécanisation du métier entraîne la diminution de l’emploi agricole. Là où le travail nécessitait plusieurs personnes, où il était pluriactif (agricole, artisanal, travaux de village), il devient au contraire individuel et spécialisé. Une course constante à la productivité et à la rentabilité s’engage où un savoir-faire ancestral cède la place aux sciences et techniques. Les petites fermes ne résistent pas devant les grandes exploitations ou les serres et les cultures hydroponiques produisent quasiment en continu. La recherche du prix bas entraîne une diminution des revenus de telle manière que nombre de conjoints d’agriculteurs sont contraints de trouver une activité salariée complémentaire. La société tente de changer la dénomination même de « paysan » dont le terme véhicule une vision passéiste au profit d’ « éleveur » ou d’ « exploitant ». L’exode rural est massif, le visage des villages change et la disparition des paysans entraîne la fermeture des commerces et la disparition des artisans. Alors qu’en 1945, plus de la moitié de la population habitait à la campagne, maintenant c’est trois quart de la population qui vit en ville.

Dans ces conditions, la population agricole a du mal à se renouveler. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés. La population vieillit et les jeunes agriculteurs ont du mal à trouver une compagne dans une campagne désertée.

Néanmoins, dans ce tableau peu glorieux pousse un espoir motivé par la recherche du consommateur d’une production de qualité plus que de quantité. De cette attente d’un produit plus authentique, moins soumis aux modifications scientifiques d’une production industrielle, naît le concept de consom’action, l’intensification de l’agriculture biologique et la création d’associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP, contrats locaux entre « producteurs » et  « mangeurs »).

Cet élan de nouvelles pratiques permet d’une part la mise en place d’échanges plus axés sur la valorisation de savoir-faire, voire une certaine forme de respect du travail effectué.

D’autre part, il semble,  que les bouleversements malheureux de la profession paysanne ainsi que la modification profonde de ces nouveaux comportements de consommateurs soient pris en compte dans les travaux en cours pour la réforme de la PAC.

Pour Sylvie Goulard, députée européenne du Grand Ouest et en charge des Affaires européennes au sein du shadow cabinet du MoDem: « La Commission part sur de bonnes bases. D’abord elle plaide pour le maintien d’un budget conséquent pour l’agriculture européenne après 2013. Ensuite elle invite les Etats membres à redistribuer de manière plus juste les subventions agricoles, en insistant sur le rôle positif que cette activité peut apporter à l’environnement. Enfin, le commissaire Ciolos s’est beaucoup inspiré de l’excellent rapport de mon collègue de groupe George Lyon, voté à une large majorité par le Parlement européen en juillet dernier, et cela facilitera les négociations avec le Parlement, désormais co-décisionnaire avec le Conseil des ministres de l’Agriculture en matière de législation agricole ».
Pour Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem, en charge de l’Agriculture au sein du Shadow-cabinet: « La Commission ouvre de nouvelles perspectives pour l’agriculture européenne et française et permet de tirer partie des perspectives offertes par les nouveaux débouchés alimentaires et non alimentaires.

 
La refonte du système des primes agricoles est une évolution nécessaire pour tenir compte des disparités entre les systèmes et pour faire face aux défis environnementaux ; cette évolution doit se faire avec le souci de préserver intacts les secteurs de pointe et la compétitivité de l’agriculture.
Le maintien d’une agriculture viable passe en outre par notre capacité à s’assurer dans les accords commerciaux d’une plus grande réciprocité notamment en termes de normes, pour assurer une concurrence loyale avec nos concurrents.

 
Enfin, le maintien de mécanismes de régulation reste plus que nécessaire ainsi que la capacité à favoriser un meilleur équilibre entre amont et aval des filières. Les récentes crises agricoles viennent démontrer, si besoin en était, la nécessité de ces régulations

 

Depuis son origine le Politique est toujours ambigu. Voici maintenant  vingt ans que le modèle du renard libre dans le poulailler libre domine la scène planétaire.

Mais les citoyens du monde sont plus conscients des risques qui en résultent qu’ils ne l’ont jamais été : même en Chine le pouvoir affronte chaque année des explosions de colère face à l’insupportable, à la fois socialement et écologiquement.

Nous sommes ainsi dans une contradiction croissante entre le Politique qui se fait et le Politique qui se souhaite. Se développent des acteurs civiques et sociaux, des forums réels et virtuels, de nouveaux outils de communication, de mobilisation, de pression qui éclairent une opinion publique mondiale en formation. Masi ils n’ont ni le pouvoir ni même la force d’imposer à ce dernier plus que des concessions réduites à des gesticulations médiatiques. Car les dirigeants du monde, du moins là ou existe une compétition démocratique pour le pouvoir, sont issus d’une sélection opposant des individus en concurrence et non des dynamiques collectives. Les partis politiques ne les choisissent pas mais ont bien été conquis et soumis par les candidats à la monarchie élective (et la France est plus ici caricature qu’exception). Ils sont dés lors menacés de réduction à l’état de formes exsangues, machines électorales et écuries abritant des aventures personnelles.

Peu importent ici les qualités, les défauts et les profils des protagonistes. L’enthousiasme planétaire provoqué par l’élection de Barack Obama, dont le prix Nobel incongru résonne comme un écho devenu incompréhensible, n’a empêché ni l’enlisement afghan, ni l’impuissance en Palestine, ni l’échec de Copenhague. Le charisme, même lorsqu’il exprime aussi la vérité d’un homme, ne peut durablement masquer la crise des acteurs politiques collectifs.

Les enjeux mondiaux s’aiguisent : accélération du changement climatique, montée planétaire du chômage et de la précarité concurrentielle, retour de la concurrence « impérialiste » entre puissances majeures d’un monde devenu multipolaire. Et l’impuissance des politiques s’étale à toutes les échelles territoriales : de Copenhague à Kaboul en passant par Bruxelles, les logiques de compétition et de domination étouffent les dynamiques de coopération et de solidarité.

Or ce qui est en jeu, ce n’est pas l’avenir « soutenable » de l’humanité mais aussi de l’effectivité démocratique et la garantie de libertés réelles dans nos « sociétés d’individus » compétitives. Car les crises que nous affrontons sont certes financières, économiques, sociales et écologiques, mais aussi et même d’abord politiques au sens le plus profond de ce mot.

Si les nouveaux acteurs civiques et sociaux, du local au planétaire, ne parviennent pas à inventer des formes renouvelées de mobilisations politique durables, si le refus (parfaitement légitime) de l’encadrement aliénant continue à rabattre l’engagement fort sur la seuls désobéissance individuelle et sur les solidarités fluides voire éphémères, alors les rassemblements de chefs d’Etat et de gouvernement continueront à alimenter la scène médiatique…et le rejet du Politique, vu comme une machine à produire slogans creux et boniments insaisissables.

Les sociétés d’individus sont une réalité de plus en plus planétaire, irréversible à vue humaine si l’on voit plus loin que les convulsions régressives de type traditionnaliste ou fondamentaliste : le retour des formes anciennes de contrôle social est à peu prés aussi probable que la résurrection du califat fantasmé par Al Qaïda. Et la marchandisation compétitive exacerbe partout les tensions porteuse d’une potentielle « guerre de tous contre tous ».

Mais en même temps l’interdépendance mondiale augmente sans cesse : les technosciences, en particuliers les technologies de l’information et de la communication, non seulement lient nos destins mais stimulent aussi notre prise de conscience de ces liens.

C’est cette prise de conscience qui doit accoucher, sauf à accepter un avenir de soumission anesthésiée aux autorités de surveillance globalisée, d’un renouveau indispensable : le rejet du Politique est plus que jamais mortifère, car sans Politique les individus ne peuvent faire société. Nous en avons besoin à l’échelle du monde et singulièrement à l’échelle de l’Union Européenne. Et nos attentes n’en sont que plus fortes quant à la nécessité d’une parole claire et crédible à ces niveaux.

Mais commençons par balayer devant notre porte.

La crise opacifie l’avenir pour les citoyens. Le risque que les usagers se sentent laissés pour compte et seuls face aux difficultés est accru. Afin de faire face aux risques de montée de l’individualisme, pour préserver la cohésion sociale, au-delà des plans de relance économiques et financiers, les gouvernements doivent répondre aux demandes de leurs citoyens. Ces derniers ont plus que jamais besoin de services publics facilement accessibles et délivrés au meilleur coût. Les changements dus à la crise peuvent être aussi l’occasion d’implanter des changements structurels pour l’après crise.

 

Le citoyen est la clef de voûte de toute institution démocratique. C’est à partir de son point de vue que l’on doit évaluer l’incidence des réformes du secteur public et identifier celles qui seront nécessaires à l’avenir.

Les administrations publiques sont le reflet de circonstances différentes, de besoins différents et de philosophies différentes quant au rôle de l’État. Néanmoins, les réformes du secteur public des deux dernières décennies dans bon nombre de pays se ressemblent, accordant la priorité au rendement et à l’efficacité et accordant une attention accrue à la prestation des services et à la satisfaction des utilisateurs.

Les définitions de la qualité et de la performance dans le secteur public ne peuvent plus se contenter d’atteindre un haut niveau de productivité et un haut niveau de satisfaction chez leurs clients. La qualité et le rendement des organisations du secteur public dans les sociétés démocratiques sont directement liés à la capacité de ces organisations d’obtenir des résultats qui servent l’intérêt public et de le faire de manière à promouvoir les principes démocratiques. Les résultats obtenus par les organismes et les ministères doivent être évalués en fonction des résultats à l’échelle du système et de la société. Certes, les fonctionnaires peuvent jouer un rôle important dans l’amélioration de la qualité dans le secteur public en recherchant comment leur travail contribue à l’obtention des résultats les plus utiles aux citoyens. Mais les organisations publiques dans les sociétés démocratiques doivent aussi contribuer à réaliser l’idéal démocratique, de diverses façons : par la transparence quant à l’exercice de pouvoirs par les titulaires de charge publique, par l’’information pour assurer une sensibilisation et faciliter pour les citoyens l’accès au gouvernement et par la consultation pour améliorer la qualité.

Le défi consiste à atteindre des résultats de politiques publiques ET des résultats démocratiques – et non l’un ou l’autre, ou l’un aux dépens de l’autre. Les résultats de politiques publiques sont un gage de crédibilité et les résultats démocratiques sont source de légitimité. Ensemble, la crédibilité et la légitimité augmentent la confiance des citoyens envers le gouvernement, les institutions publiques, les organisations du secteur public et les fonctionnaires. Il nous faut adopter une définition de la qualité publique qui tient compte des résultats publics et du rendement démocratique.

Cela implique d’élargir notre vision de la relation avec les citoyens comme contribuables, titulaire de droits, clients et usagers, pour y inclure également leur rôle d’agents de changement et d’innovations au service de l’intérêt collectif.

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