5,9 millions de ménages, soit plus d’un sur cinq, sont en situation de vulnérabilité énergétique en France, contraints de consacrer une part importante de leurs revenus au chauffage de leur logement ou à leurs dépenses de déplacements ; cette part est d’autant plus importante qu’on s’éloigne des villes, et concerne la moitié des ménages dans les zones isolées, selon une étude de l’Insee publiée aujourd’hui.

« Dès la couronne périurbaine, la part de ménages vulnérables dépasse en moyenne 30 %. Elle atteint même 41 % dans les communes multipolarisées et frôle 50 % hors des aires urbaines », détaille l’Insee.
Un ménage est considéré vulnérable lorsque ses dépenses pour le chauffage et l’eau chaude dépassent 8 % de ses revenus et 4,5 % pour ses déplacements. Or, dans les secteurs les plus isolés, « les ménages cumulent des revenus en moyenne plus bas et des dépenses énergétiques plus élevées », affirme l’Insee. En outre, la taille des logements, souvent plus grande dans les zones rurales, explique des factures de chauffage plus importantes : près d’un quart des ménages habitant dans un logement de plus de 150 m2 sont dans un état de précarité énergétique. La proportion est la même pour ceux qui vivent dans un très petit logement (moins de 25 m2), car il s’agit de ménages vivant sous le seuil de pauvreté. Dans trois régions au climat plus difficile qu’ailleurs – Lorraine, Auvergne et Franche-Comté – la vulnérabilité concerne plus du quart des ménages.
Ainsi « certains ménages se trouvent face à un choix difficile : renoncer à d’autres dépenses pour se chauffer correctement ou se déplacer ou, au contraire, se résigner à avoir froid ou à se déplacer moins », relève l’Insee.
Les personnes seules (un tiers) et les moins de 30 ans (43,1 %) sont particulièrement concernés, mais les ménages les plus nombreux à être en difficulté sont les retraités (1,8 million). Parmi les actifs, ce sont les ouvriers qui sont les plus nombreux à être vulnérables (1,2 million), soit près de 27% de cette catégorie sociale.
Les estimations étant basées sur des données de 2008, à une époque où les prix des carburants, du gaz et de l’électricité étaient moins élevés qu’aujourd’hui, on peut craindre que les chiffres actuels ne soient encore plus importants.

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