Europe


Le 22 décembre, Eurobaromètre a publié les résultats de son sondage d’opinion de l’automne sur la situation économique. Selon les résultats de l’enquête, l’Union européenne reste l’acteur le plus crédible pour faire face à la crise, devant les gouvernements nationaux. Le G20 et le Fonds monétaire international suivent. Par ailleurs, les ménages sont relativement satisfaits de leur situation financière, malgré des disparités : ils sont seulement 24% de satisfaits en Grèce, mais plus de 85% dans les pays du nord de l’Europe (Suède, Danemark, Finlande et Pays-Bas). Enfin, la grande majorité des personnes interrogées estiment que la crise ne sera pas résolue rapidement, et que ses conséquences sur l’emploi vont encore s’aggraver

 

http://ec.europa.eu/public_opinion/archives/eb/eb76/eb76_anx_en.pdf

L’année 2011 devait être celle de « la confiance retrouvée dans l’euro », selon les mots prononcés par Angela Merkel le 4 février 2011. Raté. Depuis douze mois, la zone euro connaît les heures les plus difficiles de son histoire. Ce que tout le monde redoutait s’est produit : la contagion.

Après l’Irlande en 2010, le Portugal a dû être secouru. La Grèce s’est révélée incapable de tenir ses engagements de réduction de déficit et devra être aidée une deuxième fois par l’UE et le FMI. L’Italie a déstabilisé les marchés au point de provoquer la démission de Silvio Berlusconi.

Depuis le 23 juin, les sommets de la dernière chance s’enchaînent à en donner le tournis : réunion de l’eurozone le 21 juillet, rencontre franco-allemande le 16 août, Conseils européens les 23 et 26 octobre, puis les 8 et 9 décembre…

Inlassablement, les décisions dites « historiques » ou « courageuses » sont balayées en quelques jours à cause de dissensions entre chefs d’Etats au lendemain des sommets, ou du jugement acerbe des agences de notation.

A quelque chose malheur est bon, au cours de cette même année notre vocabulaire s’est enrichi de 12 mots ou concepts nouveaux :

17 + : L’Allemagne tenait beaucoup à ce que l’ensemble des 27 Etats de l’UE s’accordent sur une modification des traités. Faute de terrain d’entente avec le Royaume-Uni, un compromis a été scellé entre les 17 pays de la zone euro. Ils invitent néanmoins les autres volontaires à signer l’accord intergouvernemental, dont le sommet des 8 et 9 décembre a posé les jalons. D’où le nom de 17+ donné à cette Union resserrée, mais pas fermée. Parmi les mesures envisagées, l’accord prévoit par exemple l’introduction d’une règle d’or au niveau constitutionnel et la limitation du déficit structurel à 0,5% du PIB par an.

Eurobonds : Traduire en français « euro-obligations ». L’objectif de cette émission serait de mutualiser une partie de la dette souveraine des pays de la zone euro, les Etats se portant garants entre eux sur tout ou partie de leurs créances.

Selon les partisans de cette idée, officieusement la France, ces obligations pourraient rassurer les marchés inquiets de l’absence de solidarité au sein de l’union économique et monétaire. Pour les opposants, l’Allemagne en tête, cette garantie mutuelle ne ferait qu’augmenter les taux d’intérêts des pays les plus riches et mettre en commun les risques.

La Commission européenne a fait une timide première proposition sur le sujet le 23 novembre dernier.

FESF/MES : Présenté, lors du sommet du 21 juillet, comme un mécanisme imparable censé enrayer la contagion en décourageant toute attaque spéculative sur les marchés obligataires des pays de la zone euro, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) s’est finalement avéré être un instrument de sauvetage largement imparfait.

Sa force de frappe a été portée à 1000 milliards d’euros à la suite d’une décision du Conseil européen le 26 octobre, par le biais de deux mécanismes qui restent assez flous. Un appel à contribution a été lancé pour le renflouer, mais aucun créancier étranger –privé ou public– ne s’est pour l’instant manifesté.

Autre signe de faiblesse, le FESF n’a pas les capacités techniques de s’assumer seul. La Banque centrale européenne s’est engagée, début décembre, à racheter, pour le compte du fonds, la dette de pays en difficulté. Le FESF devait être remplacé par le MES (« Mécanisme Européen de Stabilité ») fin 2013. Ce dernier entrera finalement en vigueur dès 2012.

Merkozy : Le sobriquet est né au cœur du quartier européen à Bruxelles. Il désigne le traditionnel couple franco-allemand et son leadership dans la gestion de la crise. Tout nouvel accord européen passe d’abord par un compromis entre Paris et Berlin. Or, la convergence est souvent difficile, tellement les divergences de point de vue sont grandes.

Au fil des mois, le duo s’est de plus en plus imposé, quitte à apparaître comme un directoire qui impose ses vues aux autres membres de l’UE et à ses institutions. Ces dernières sont totalement marginalisées.

PSI : Ces trois lettres qui ont fait trembler l’Europe renvoient à « private sector involvement », soit une participation du secteur privé au sauvetage de la Grèce. Le 27 octobre, les dirigeants européens ont réussi à obtenir des créanciers privés qu’ils encaissent 50% de pertes sur leurs titres de dette grecque (contre 21% annoncés le 21 juillet). Sur la base du volontariat, les banques sont ainsi mises à contribution pour restructurer la dette publique d’Athènes. Objectif : la ramener de 160% à 120% du PIB d’ici 2020.

Accusé d’avoir précipité la contagion, le « PSI » ne s’appliquera à aucun autre pays, ont rappelé les Etats lors du sommet européen du 9 décembre. Alors que l’échange de titres doit commencer début 2012, les négociations butent toujours sur les termes de la procédure.

Six-pack : Ce n’est pas le carton de boissons qui fait la réputation des Belges ou des Allemands, mais un ensemble de 6 textes (5 règlements, 1 directive) sur lesquels repose la nouvelle architecture économique européenne. Adopté cet automne, le six-pack durcit les sanctions infligées aux Etats trop dépensiers. Avant même que leur déficit ne dépasse 3% du PIB, un dépôt de 0,2% peut leur être imposé. Au-delà du seuil de 3%, le dépôt peut se transformer en amende.

Le système de vote est modifié : une minorité d’Etats favorables aux sanctions suffit à l’application de ces dernières. Grâce à la remontée d’informations statistiques, la Commission tentera de prévenir les déséquilibres macro-économiques entre les Etats (balance commerciale, coût du travail, taux de chômage, dette des secteurs privés et publics, marché de l’immobilier…)

Spread : En bon français, le terme signifie « écart de crédit ». Mais la presse française a fait sienne cette terminologie économique, tant les gouvernements européens ont le nez rivé sur l’écart séparant leur taux d’emprunt à celui du bund allemand, qui fait office de référence. En novembre, le spread de la France a atteint un niveau record depuis la création de la monnaie unique, enregistrant une différence de 190 points de base avec l’Allemagne (taux de 1,77% sur 10 ans contre 3,68% pour la France). Avec l’Italie, le fossé est encore plus béant, situé depuis un mois aux alentours de 500 points.

Technocratie : Avec l’arrivée au pouvoir de deux experts en Italie (Mario Monti) et en Grèce (Lucas Papademos), l’image de l’UE s’est encore ternie. Si leurs compétences ont été saluées par Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et les dirigeants des institutions européennes, l’absence de représentation des citoyens dans la désignation de ces nouveaux dirigeants renforce l’idée que l’Europe est anti-démocratique.

Ce procès en technocratie de l’UE a repris de plus belle avec l’accord signé entre les gouvernements de la zone euro le 9 décembre. Absent des décisions portées par la France et l’Allemagne, le Parlement européen est seulement représenté dans les discussions par quatre élus.

TTF : Cette vieille idée de taxe sur les transactions financières (TTF), portée à l’origine par des ONG comme Attac, a repris du poil de la bête en 2011. Dans son projet présenté fin septembre, la Commission propose de prélever 0,1% sur les actions et les obligations et 0,01% sur les autres produits financiers. Elle pourrait rapporter 55 milliards d’euros par an.

Censée à l’origine financer l’aide au développement, la TTF pourrait aujourd’hui aider les pays européens à renflouer leurs caisses. Le Royaume-Uni, dont la City de Londres concentre la grande majorité des transactions en Europe, est vent debout contre ce projet. Et les Etats-Unis refusent encore d’envisager l’idée sérieusement.

La France et l’Allemagne feront des propositions le 23 janvier. La taxe pourrait être adoptée seulement par la zone euro ou un nombre restreint de pays.

Triple A : Nouveau Saint Graal pour les Etats, la France fait encore partie du club très sélect des pays notés triple A par les agences de notation et censé permettre d’emprunter à moindre coût sur les marchés.

Combien de temps va-t-elle le rester ? Telle est la question. Pour certains, le triple A est déjà perdu en raison des taux proposés par les investisseurs, supérieurs à 3%. Et Paris, comme le reste de la zone euro, est aujourd’hui sous surveillance.

Le gouvernement a longtemps fait du maintien du triple A un argument politique contre une gauche jugée dépensière. Sa conservation a aussi justifié deux plans d’austérité. Mais, depuis début décembre, les dirigeants français préparent petit à petit l’opinion à sa perte. Une dégradation ne serait pas sans conséquence pour le reste de l’Europe puisque la France garantit le Fonds européen de stabilité financière censé renflouer certains Etats.

Troïka : A l’ origine, ce mot russe désigne un ensemble de trois choses. Aujourd’hui, le trio le plus connu est celui qui fait la pluie et le beau temps sur la vie politique et économique grecque. Il est composé de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

Ce sont eux qui vérifient les progrès réalisés par la Grèce avant de donner leur feu vert ou non au versement des nouvelles tranches d’aides négociées lors du plan de sauvetage.

La troïka intervient aussi directement dans la négociation autour de la restructuration de la dette du pays qui s’avère plus délicate que prévue.

SMP : La montée en flèche des taux d’intérêt de long terme au-delà du seuil critique de 7% avait contraint la Grèce, l’Irlande et le Portugal à se retirer des marchés et à faire appel à l’aide internationale. Pour éviter que l’Italie et l’Espagne – deux économies bien plus importantes au sein de la zone euro – ne connaissent un destin similaire, la BCE a lancé un programme de rachat de titres de dette (en anglais, « Securities Market Programme ») qui atteint 210 milliards d’euros en cette fin d’année.

Refusant d’assumer un rôle de prêteur en dernier ressort, en s’engageant à intervenir de façon illimitée et dans la durée pour soutenir les Etats, la BCE vient en revanche au secours des banques européennes.

C’est donc plus cultivés que nous débutons cette année 2012 que je vous souhaite excellente pour vous ainsi que pour vos proches.

 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la France paysanne a connu de profonds bouleversements en lien direct avec l’évolution de l’agriculture.

En effet, au sortir de la guerre, l’Etat prône l’autosuffisance.  Il est néanmoins conscient du très grand retard technique du monde agricole. Il va donc favoriser la modernisation et la mécanisation de ce secteur, notamment avec l’aide des USA par le plan Marshall ou par le traité de Rome en 1957 qui pose les fondements de la Politique Agricole Commune,. Il s’agit d’augmenter massivement la productivité. Le paysage change pour permettre l’application des nouvelles méthodes de travail et les petits lopins font place aux grandes exploitations : C’est le remembrement.

Finalement, les ambitions productivistes vont dépasser les objectifs d’autosuffisance : la surproduction va à l’exportation dans le cadre de la PAC et l’agriculture tient une forte place dans la balance commerciale du pays. Néanmoins, les crises sanitaires à répétition, les graves atteintes à l’environnement  mettent à mal les objectifs productivistes de la PAC aux yeux des consommateurs qui commencent à en percevoir les limites.

Paradoxalement, cette avancée technique ne profite guère au monde paysan. En effet, la mécanisation du métier entraîne la diminution de l’emploi agricole. Là où le travail nécessitait plusieurs personnes, où il était pluriactif (agricole, artisanal, travaux de village), il devient au contraire individuel et spécialisé. Une course constante à la productivité et à la rentabilité s’engage où un savoir-faire ancestral cède la place aux sciences et techniques. Les petites fermes ne résistent pas devant les grandes exploitations ou les serres et les cultures hydroponiques produisent quasiment en continu. La recherche du prix bas entraîne une diminution des revenus de telle manière que nombre de conjoints d’agriculteurs sont contraints de trouver une activité salariée complémentaire. La société tente de changer la dénomination même de « paysan » dont le terme véhicule une vision passéiste au profit d’ « éleveur » ou d’ « exploitant ». L’exode rural est massif, le visage des villages change et la disparition des paysans entraîne la fermeture des commerces et la disparition des artisans. Alors qu’en 1945, plus de la moitié de la population habitait à la campagne, maintenant c’est trois quart de la population qui vit en ville.

Dans ces conditions, la population agricole a du mal à se renouveler. Les départs à la retraite ne sont pas remplacés. La population vieillit et les jeunes agriculteurs ont du mal à trouver une compagne dans une campagne désertée.

Néanmoins, dans ce tableau peu glorieux pousse un espoir motivé par la recherche du consommateur d’une production de qualité plus que de quantité. De cette attente d’un produit plus authentique, moins soumis aux modifications scientifiques d’une production industrielle, naît le concept de consom’action, l’intensification de l’agriculture biologique et la création d’associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP, contrats locaux entre « producteurs » et  « mangeurs »).

Cet élan de nouvelles pratiques permet d’une part la mise en place d’échanges plus axés sur la valorisation de savoir-faire, voire une certaine forme de respect du travail effectué.

D’autre part, il semble,  que les bouleversements malheureux de la profession paysanne ainsi que la modification profonde de ces nouveaux comportements de consommateurs soient pris en compte dans les travaux en cours pour la réforme de la PAC.

Pour Sylvie Goulard, députée européenne du Grand Ouest et en charge des Affaires européennes au sein du shadow cabinet du MoDem: « La Commission part sur de bonnes bases. D’abord elle plaide pour le maintien d’un budget conséquent pour l’agriculture européenne après 2013. Ensuite elle invite les Etats membres à redistribuer de manière plus juste les subventions agricoles, en insistant sur le rôle positif que cette activité peut apporter à l’environnement. Enfin, le commissaire Ciolos s’est beaucoup inspiré de l’excellent rapport de mon collègue de groupe George Lyon, voté à une large majorité par le Parlement européen en juillet dernier, et cela facilitera les négociations avec le Parlement, désormais co-décisionnaire avec le Conseil des ministres de l’Agriculture en matière de législation agricole ».
Pour Marc Fesneau, secrétaire général du MoDem, en charge de l’Agriculture au sein du Shadow-cabinet: « La Commission ouvre de nouvelles perspectives pour l’agriculture européenne et française et permet de tirer partie des perspectives offertes par les nouveaux débouchés alimentaires et non alimentaires.

 
La refonte du système des primes agricoles est une évolution nécessaire pour tenir compte des disparités entre les systèmes et pour faire face aux défis environnementaux ; cette évolution doit se faire avec le souci de préserver intacts les secteurs de pointe et la compétitivité de l’agriculture.
Le maintien d’une agriculture viable passe en outre par notre capacité à s’assurer dans les accords commerciaux d’une plus grande réciprocité notamment en termes de normes, pour assurer une concurrence loyale avec nos concurrents.

 
Enfin, le maintien de mécanismes de régulation reste plus que nécessaire ainsi que la capacité à favoriser un meilleur équilibre entre amont et aval des filières. Les récentes crises agricoles viennent démontrer, si besoin en était, la nécessité de ces régulations

Il y a six mois débutait le printemps arabe, enjeu géopolitique qui concernait d’abord et avant tout l’Europe, pour des raisons géographiques et historiques évidentes. Les Etats-Unis, pour des raisons de politique intérieure, cherchent à donner l’impression de ne pas trop s’y impliquer. Pourtant, dans l’engagement de l’Europe il y a un immense paradoxe : les Européens sont bien présents, mais l’UE est totalement absente.

Les États sont là, mais l’Europe communautaire est inexistante. Le paradoxe ne s’arrête pas là, car parmi les États européens, deux seuls existent réellement : la France et la Grande-Bretagne. Toute la question est donc de savoir ce que cette donne politique implique pour l’avenir de l l’Europe.

Dans l’affaire libyenne, la France et la Grande-Bretagne ont été très complémentaires. Ces deux pays ont vu dans cette crise l’occasion de se remettre en selle. On constate qu’en dehors de la France et de la Grande-Bretagne, les Européens sont totalement inexistants. L’Allemagne, qui avait tout fait pour que l’union pour la Méditerranée de M. Sarkozy regagne le giron de l’Europe, est moins que jamais disposée à consentir un effort militaire hors de ses frontières, l’Italie est totalement inconséquente et l’Espagne tout simplement absente. Au niveau de l’Union Européenne, le vide est encore plus impressionnant. Mme Ashton s’est farouchement opposée à ce que l’UE puisse se trouver militairement engagée en Libye. Avec l’appui de nombreux états membres, elle s’est opposée à toute action militaire de protection des convois humanitaires. La participation de l’UE à la surveillance en haute mer du trafic maritime vers la Libye a également été refusée par la plupart des Etats membres. Le comble est venu de la Suède qui s’est farouchement opposée à toute intervention de l’UE en Libye, considérant que cela relevait de l’Otan alors qu’elle-même n’est pas membre de cette organisation.

La France était vue comme un obstacle à la politique britannique, à savoir ne se concentrer que sur la constitution de coalitions entre États disposés à agir ensemble pour atteindre un objectif politique bien précis. Désormais elle constitue un partenaire fiable, le seul avec lequel Londres peut parler sérieusement des affaires du monde et envisager sans inhibition de recourir à la force si nécessaire.

Le paradoxe est que si les Britanniques croient beaucoup à l’avenir de la relation franco-britannique, ils croient moins que jamais à l’avenir de l’Europe de la défense. William Hague, le ministre des affaires étrangères britannique, a clairement fait savoir que son pays s’opposait à la création d’un état major Européen, création approuvée par les 26 autres Etats membres. La Grande-Bretagne sait que son alliance privilégiée avec les États-Unis tire à sa fin, mais ses élites sont encore très loin d’avoir tiré les conclusions de cette nouvelle réalité.

La France est dans un tout autre état d’esprit. Elle souhaite que la convergence stratégique franco-britannique débouche sur une défense européenne. C’est d’ailleurs à ce prix qu’elle avait accepté de réintégrer pleinement l’organisation militaire intégrée de l’OTAN. On se trouve ainsi dans une situation où ceux qui parlent d’Europe de la défense ne veulent surtout pas consentir un effort militaire supplémentaire tandis que ceux qui ne veulent pas en entendre parler comme la Grande-Bretagne, le consentent effectivement.

Dans cette équation compliquée, la France occupe à l’évidence une position centrale. Elle est le seul pays à vouloir plus d’Europe tout en se donnant les moyens d’y contribuer, mais ces derniers sont relativement limités et il n’est pas sûr qu’elle parvienne à infléchir la conduite d’États européens confrontés soit à des problèmes de survie financière soit à un provincialisme politique exacerbé. Le printemps arabe place l’Europe face à ses responsabilités. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle soit disposée à les prendre si facilement. L’Europe est décidément encore une idée neuve.

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